Au Gabon, sur 188 entreprises industrielles recensées, 137 sont dirigées par des expatriés contre seulement 51 par des Gabonais, soit près de 73 % de la gouvernance industrielle confiée à des étrangers. Ce chiffre révèle une réalité préoccupante : la maîtrise des secteurs productifs stratégiques échappe encore largement aux nationaux. Il ne s’agit pas seulement d’une forte présence étrangère, mais d’un véritable déséquilibre dans la prise de décision économique. À cela s’ajoute une forte concentration des industries dans l’Estuaire, accentuant les inégalités territoriales et freinant le développement des autres provinces.
Les conséquences pour l’économie locale sont importantes. Lorsque les centres de décision sont extérieurs, une grande partie des profits, des opportunités et du savoir-faire ne profite pas pleinement au pays. Cela ralentit l’émergence d’un tissu industriel national solide et maintient une dépendance durable envers l’expertise étrangère. Le faible accès des Gabonais aux postes stratégiques limite également la montée en compétence des cadres locaux et affaiblit la création d’un véritable capitalisme national.
Face à cette situation, des décisions gouvernementales fortes deviennent indispensables. L’État doit renforcer la formation technique et managériale des nationaux, encourager la promotion des Gabonais aux postes de direction et exiger un transfert réel de compétences dans les entreprises. Il faut aussi mieux encadrer la sous-traitance et soutenir les PME locales afin qu’elles participent davantage à la chaîne industrielle. Sans suivi rigoureux et sans volonté politique durable, les réformes resteront inefficaces. Inverser cette tendance est une nécessité pour la souveraineté économique du Gabon.


