Dans les rues de Libreville comme dans plusieurs autres centres du pays, le nombre des personnes atteintes de troubles mentaux visibles devient de plus en plus préoccupant .
On les aperçoit errant sans repères, parfois dévêtues ou couvertes de guenilles insalubres, exposées à la souffrance et à l’indifférence générale.
Sous certains ponts, dans les recoins abandonnés ou aux abords des marchés, elles s’installent et survivent dans des conditions indignes, offrant à nos villes le spectacle douloureux d’un laissez aller collectif.
Cette situation interpelle d’abord les familles. Comment accepter que des êtres fragilisés soient livrés à eux-mêmes, sans soin, sans suivi, sans protection ?.
Un malade mental abandonné devient vulnérable à toutes les violences, mais peut aussi, dans un moment de déséquilibre, représenter un danger réel pour les passants: élèves, commerçants et l’ensemble des citoyens.
Ignorer ce problème, c’est exposer tout le monde à des conséquences graves et imprévisibles.
Les autorités sanitaires, notamment les structures spécialisées comme le centre psychiatrique de Melen, sont également interpellées.
Faut il y voir un manque de moyen, une insuffisance de personnel qualifié ou encore une absence de stratégie adaptée ?
Quelle qu’en soit la cause, l’urgence impose des campagnes de prise en charge, de suivi et de réinsertion .
Une Nation qui abandonne ses malades abandonne aussi, une part de son humanité.
Le silence d’aujourd’hui prépare toujours le drame de demain.À méditer.
Th. L. M. Le Doyen.


