Gabon : les raisons d’un remaniement ministériel presque inévitable

Le gouvernement conduit par Brice Clotaire Oligui Nguema disposait de 100 jours pour faire ses preuves et présenter les premiers résultats de son action. Hermann Immongault, en sa qualité de vice-président du gouvernement et coordonnateur de l’action gouvernementale, a multiplié les réunions interministérielles afin de marteler à chaque membre du gouvernement l’exigence de résultats. Selon la feuille de route assignée à chaque département ministériel, les ministres seront évalués directement par le président de la République lui-même.

Certes, plusieurs facteurs ont ralenti la mise en œuvre de certains projets gouvernementaux. Toutefois, au-delà des contraintes techniques, administratives ou financières, la capacité d’initiative, l’audace et la réactivité des ministres seront également prises en compte. Dans un contexte de transition et de fortes attentes populaires, certains membres du gouvernement ont pu démontrer leur efficacité, tandis que d’autres peinent encore à imprimer leur marque.

Mais l’efficacité ne sera probablement pas le seul critère déterminant dans le maintien ou non des ministres à leurs postes. Il existe aussi ce que l’on pourrait appeler le « temps politique ». Certains profils ont peut-être été utiles pour lancer la dynamique gouvernementale, mais des ajustements pourraient devenir nécessaires afin de maintenir l’équilibre et la stabilité de l’appareil exécutif sur le long terme.

C’est à ce niveau qu’interviennent les différents jeux d’influence et les multiples équilibres politiques. Le président a certes été élu avec une majorité confortable, mais il a également bénéficié du soutien de plusieurs sensibilités : des acteurs de la société civile, des personnalités de la diaspora, des figures soutenues par le peuple souverain, ainsi que des alliés politiques traditionnels dont le poids électoral réel semble aujourd’hui limité au regard des derniers résultats électoraux.

Enfin, Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), le parti présidentiel au sein duquel de nombreuses ambitions s’expriment déjà, pourrait aussi chercher à peser dans la composition du prochain gouvernement. Toutefois, le jeune parti n’a pas encore démontré une influence politique suffisamment forte pour imposer ses choix avec certitude.

Au fil des semaines, Brice Clotaire Oligui Nguema a eu le temps d’observer la loyauté, la solidité politique et la capacité de résistance de chacun de ses collaborateurs. De son côté, Hermann Immongault a déjà dressé un premier bilan de l’action gouvernementale devant le président et le peuple gabonais, lors d’une émission particulièrement suivie.

Reste désormais une question : quels visages feront encore partie de l’équipe gouvernementale dans les prochains mois ? Entre logique de résultats, équilibres politiques et nécessité de préparer la suite du mandat, plusieurs scénarios semblent possibles. Mais une chose demeure certaine : la décision finale appartiendra exclusivement au président de la République, seul maître du tempo et des choix du futur gouvernement.

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