La Fonction de ministre au Gabon : Une attractivité en déclin

Depuis quelques années, la fonction de ministre au Gabon a perdu son lustre. Jadis prestigieuse, elle attire aujourd’hui moins de vocations. Les rémunérations jugées insuffisantes par rapport aux responsabilités, la pression citoyenne croissante et un contexte économique difficile dévalorisent le rôle. De plus, ces dernières années, de nombreux ministres ont été envoyés en prison ou accusés de détournement, parfois avec des accusations plus ou moins crédibles, même s’ils sont restés au gouvernement.

Cette réalité a érodé la confiance du public. Aujourd’hui, les ministres ne sont plus respectés par la population ; lorsqu’on les croise, ils sont perçus comme des magouilleurs, des corrompus. Aucun ministre ne s’est réellement distingué, aucun n’a été salué par l’opinion comme un modèle, creusant un fossé profond entre les citoyens et leurs institutions.

Par ailleurs, lors des évictions, rares sont les ministres qui comprennent les raisons de leur départ. Il n’y a pas de rapport explicatif produit par le secrétariat général ou les services du vice-président pour les aider à se remettre en question. Nommés et évincés à la discrétion du président, ils partent sans feedback pour progresser. Enfin, l’instabilité politique, les remaniements fréquents et le manque de continuité réduisent l’attrait de ces fonctions. Les talents préfèrent désormais des carrières plus stables ou des initiatives entrepreneuriales.

Au-delà des chiffres, c’est tout un modèle de gouvernance qu’il faut repenser, pour redonner à la fonction ministérielle sa noblesse et attirer de nouveau les talents prometteurs.

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