Un slogan qui passe à côté de l’essentiel. Depuis quelque temps, un nouveau slogan circule dans le débat public : « On ne mange pas les bâtiments. » Cette formule, reprise par certains détracteurs du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, vise à minimiser l’importance des nombreuses infrastructures réalisées ou en cours de réalisation à travers le pays.
À première vue, la formule peut sembler frappante. Mais à y regarder de plus près, elle révèle surtout une vision réductrice du développement d’une nation.
Gouverner, c’est certes répondre aux besoins immédiats des populations. Mais gouverner, c’est aussi préparer l’avenir. C’est protéger les citoyens, prendre des décisions parfois difficiles et bâtir les fondations sur lesquelles les générations futures pourront prospérer.
Une nation ne se construit pas uniquement avec des discours ou des promesses. Elle se construit également avec des routes qui relient les territoires, des écoles qui forment les enfants, des hôpitaux qui soignent les familles, des administrations qui servent efficacement les citoyens, des barrages qui produisent l’électricité et des infrastructures qui facilitent l’accès à l’eau potable.
Peut-on manger une route ? Non. Mais une route permet d’acheminer les produits agricoles vers les marchés, de réduire les coûts de transport et de créer de l’activité économique. Peut-on manger un barrage hydroélectrique ? Non. Mais l’énergie qu’il produit alimente les entreprises, les commerces et les foyers. Peut-on manger un bâtiment administratif ? Non. Mais il permet à l’État de mieux servir les citoyens et d’offrir des services publics de qualité.
L’histoire de toutes les nations développées démontre une réalité simple : aucun pays ne s’est développé sans investir massivement dans les infrastructures. Ces investissements constituent le socle indispensable de la croissance économique, de la création d’emplois et de l’amélioration des conditions de vie.
Depuis son arrivée à la tête de l’État, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a engagé un vaste chantier de modernisation du pays. Les réalisations sont visibles dans plusieurs provinces et touchent des secteurs stratégiques. Il est donc difficile d’affirmer que rien ne se fait ou que les infrastructures ne sont pas une priorité.
Bien entendu, les défis liés à l’emploi, au pouvoir d’achat ou à la vie chère demeurent importants. Mais opposer les infrastructures au bien-être des populations est une erreur. Les deux sont intimement liés. Les infrastructures ne sont pas une fin en soi ; elles sont un outil au service du développement économique et social.
La véritable question n’est donc pas de savoir si l’on mange les bâtiments. La véritable question est de savoir quel avenir nous voulons construire pour le Gabon. Car une nation qui cesse de bâtir est une nation qui renonce à son développement.
Bâtir, c’est croire en l’avenir. Bâtir, c’est préparer la prospérité. Bâtir, c’est gouverner.
Jo Dioumy Moubassango, ancien Député de la Transition


