Le lancement par le Gabon d’un audit approfondi de sa fiscalité aéroportuaire marque une inflexion majeure dans la gouvernance du transport aérien national. Depuis plusieurs années, les compagnies dénoncent l’accumulation de redevances, la faible lisibilité des coûts et un modèle tarifaire qui renchérit artificiellement le prix des billets. Cette situation pèse directement sur la demande, réduit la compétitivité des aéroports gabonais et détourne une partie du trafic vers d’autres plateformes de la sous-région. En cherchant à identifier avec précision les prélèvements appliqués, leur justification et leur impact économique, les autorités entendent rompre avec une logique fondée sur la maximisation immédiate des recettes, au détriment de la fréquentation et de l’attractivité.
La réforme envisagée repose désormais sur une approche inverse : privilégier la rentabilité par les volumes plutôt que par des tarifs élevés. En abaissant les coûts supportés par les transporteurs, le Gabon pourrait stimuler l’ouverture de nouvelles lignes, accroître le trafic de passagers et de fret, et renforcer sa position comme hub potentiel en Afrique centrale. Si cette stratégie est menée avec rigueur, elle pourrait également servir de modèle régional et déboucher, d’ici 2026, sur une nouvelle régulation sectorielle plus transparente, plus compétitive et davantage tournée vers le développement du transport aérien.

