Réuni en assemblée générale ce jour, le collectif SOS Éducation a décidé de maintenir son mouvement de grève, malgré des informations contradictoires annonçant une reprise des cours à compter du lundi 19 janvier 2026. Cette décision s’inscrit dans un climat de confusion alimenté par des déclarations opposées : alors que le gouvernement affirme, communiqués et images à l’appui, que des discussions ont eu lieu, certains leaders syndicaux, dont l’ancien député de la Transition Marcel Libama, soutiennent qu’aucune négociation formelle n’a été engagée. Cette divergence de lectures contribue à durcir les positions et à entretenir la crise.
Face à cette situation, la base syndicale exige désormais une implication directe du chef de l’État, estimant que seule son intervention personnelle pourrait débloquer le conflit. SOS Éducation affirme disposer d’un protocole de sortie de crise déjà élaboré, prêt à être soumis à la plus haute autorité du pays. Cette posture traduit une perte de confiance dans le processus actuel de médiation et une volonté d’élever le débat au sommet de l’État, dans l’espoir d’obtenir des réponses rapides et concrètes à des revendications jugées légitimes par les enseignants.
Si la légalité de la grève et la légitimité des revendications ne sont pas contestées, il apparaît néanmoins difficile de satisfaire l’ensemble des demandes dans l’immédiat. Le bras de fer engagé, qui prend des allures de stratégie du tout ou rien, risque de pénaliser durablement les élèves. Le vice-président du gouvernement, mandaté pour gérer cette crise au nom du chef de l’État, dispose de la légitimité nécessaire pour conduire les négociations. Dans l’intérêt supérieur de la jeunesse gabonaise, un compromis fondé sur le dialogue et des concessions mutuelles semble aujourd’hui la seule voie responsable pour sortir de l’impasse.

