Durant ces quinze dernières années, le pouvoir gabonais a été traversé par des groupuscules d’influence qui ont, bien souvent, eu un impact négatif sur la gouvernance du pays. Le propos qui suit relève de l’opinion, mais d’une opinion largement partagée au sein de l’opinion publique gabonaise. Nous proposons ici d’examiner les principaux “péchés” attribués à ces trois groupes d’influence politique.
La Young Team (2020-2023)
La Young Team apparaît dans le paysage politique gabonais à la suite de l’accident vasculaire cérébral de l’ancien président en 2018. Il s’agit d’un groupe de jeunes influents, incarné notamment par Ian Ghislain Ngoulou, directeur de cabinet de Noureddin Bongo Valentin, lui-même fils de Ali Bongo Ondimba, ainsi que par Mohamed Ali Ocheni.
Par extension, on y associe également Cyriaque Mvoutandjami et Sylvia Bongo Ondimba.
Péchés :
Ils sont accusés d’avoir concentré le pouvoir politique et les finances de l’État entre leurs mains. Ils auraient également contribué à des modifications constitutionnelles dans une logique de maintien au pouvoir. Cette période est perçue comme marquée par une précarisation accrue de la population, contrastant avec un enrichissement visible de certains membres du groupe. Leur attitude, jugée ostentatoire, a souvent été critiquée dans un contexte de difficultés sociales.
L’Ajev (2017-2019)
L’Association des Jeunes Émergents Volontaires (Ajev) était un groupe influent dirigé par Brice Laccruche Alihanga, alors directeur de cabinet du président. Il était entouré de personnalités telles que Patrichi Tanasa, Ike Ngouoni, Tony Ondo Mba et Justin Ndoundangoye.
Péchés :
Ce groupe est critiqué pour avoir bouleversé l’équilibre de l’appareil d’État en promouvant des profils jugés peu expérimentés. S’il a favorisé l’accès de nombreux jeunes à des postes de responsabilité, cette dynamique a parfois été perçue comme désorganisatrice. Le groupe s’est également illustré par un style de communication jugé abrupt et clivant.
Les Émergents (2012-2016)
Ce courant est associé à une période marquée par une forte influence de personnalités proches du pouvoir, notamment Maixent Accrombessi, Liban Soleman et Magloire Ngambia.
Péchés :
Ils sont accusés d’avoir favorisé l’émergence d’un réseau d’influence perçu comme éloigné des réalités locales. Cette période est également critiquée pour la multiplication d’agences jugées coûteuses et peu efficaces, ainsi que pour un déficit de dialogue politique. Plusieurs affaires judiciaires ont par la suite alimenté les critiques sur la gestion des ressources publiques.
Conclusion
Ces différentes périodes ont marqué la vie politique gabonaise par des tensions, des rivalités internes et des controverses sur la gouvernance. Elles ont laissé une empreinte durable dans l’opinion publique. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui estiment nécessaire de tirer les leçons de ces expériences, afin de promouvoir une gestion plus transparente, inclusive et responsable des affaires publiques.


