Gouvernance et responsabilité

Oligui Nguema ne peut pas être l’interlocuteur de tous. Dans un État organisé et respectueux de ses institutions, le Président de la République ne saurait être sollicité pour régler directement chaque revendication sectorielle. La bonne marche de l’action publique repose avant tout sur la confiance accordée aux institutions et aux responsables politiques régulièrement investis de missions précises.

Il est essentiel d’apprendre à faire confiance à nos dirigeants. Lorsque le Président de la République nomme des hommes et des femmes à de hautes fonctions, il le fait sur la base de la compétence, de la loyauté et de la capacité à mettre en œuvre les politiques publiques. À défaut, ces responsables n’occuperaient tout simplement pas de telles charges.

Dans ce contexte, l’attitude observée au sein du collectif SOS Éducation interpelle. Une commission a pourtant été mise en place, sous l’autorité du vice-président du Gouvernement, premier collaborateur du Chef de l’État et acteur central de la coordination de l’action gouvernementale. Cette commission constitue un cadre légitime de dialogue, conforme aux principes de fonctionnement de l’État.

Il n’est ni utile ni responsable, dans une situation de grève, d’exiger la présence du Chef de l’État comme préalable à toute négociation. Une telle démarche fragilise les institutions intermédiaires et remet en cause le principe même de délégation de pouvoir, indispensable à l’efficacité de l’action publique. Gouverner, ce n’est pas tout centraliser, mais savoir confier et responsabiliser.

Par ailleurs, il ne serait ni pertinent ni politiquement approprié d’exposer le Président de la République à ce que chacun reconnaît comme un environnement complexe et hautement conflictuel, que sont les négociations syndicales dans le secteur de l’éducation. L’objectif doit rester clair : trouver des solutions durables et justes aux revendications légitimes des enseignants.

À cet effet, le ministre de l’Éducation nationale, appuyé par le vice-président du Gouvernement, dispose de toute la légitimité et des compétences nécessaires pour conduire les discussions et apporter des réponses concrètes. Sauf à considérer que les revendications ne relèvent plus du champ éducatif, mais de situations personnelles ou corporatistes, ces autorités sont pleinement en mesure de « faire le job ».

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