Les dernières analyses du Fonds monétaire international (FMI) jettent une lumière crue sur la trajectoire économique du Gabon : le revenu par habitant y serait aujourd’hui inférieur d’environ 25 % à son niveau des années 1970. Ce recul, rare pour un pays doté d’importantes ressources naturelles, révèle l’épuisement progressif d’un modèle fondé presque exclusivement sur la rente pétrolière. L’abondance d’hier n’a pas su se transformer en prospérité durable.
Pendant des décennies, l’or noir a façonné les équilibres budgétaires et structuré l’économie nationale. Mais cette dépendance a freiné l’émergence d’un tissu productif diversifié et compétitif. La forte propension aux importations, conjuguée aux aléas des cours mondiaux et au déclin de la production, a exposé le pays à des chocs répétés. Dans le même temps, l’endettement public, avoisinant 75 % du PIB, a réduit les marges d’action de l’État, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
L’institution financière internationale appelle désormais à une inflexion stratégique majeure. Discipline budgétaire, diversification des secteurs productifs, valorisation locale des ressources et renforcement de la gouvernance économique constituent les piliiers d’un redressement possible. Au-delà des chiffres, c’est un choix de modèle qui s’impose : substituer à la logique de rente une dynamique de création de valeur capable d’inscrire le pays dans une trajectoire de croissance soutenable.


