Dette publique du Gabon: les faux chiffres de l’ancien PM

Selon l’ancien Député de la Transition, Jo Dioumy Moubassango, l’ancien premier ministre Alain-Claude Bilié By Nze a été attrapé la main dans le sac. Sur la question de la dette publique du Gabon pour l’année 2023, les chiffres inexacts qu’il a avancés fragilisent son discours. Il a commis un texte diffusé sur sa page Facebook que nous vous partageons ici.

Lors de son intervention sur le plateau de TV5 Monde, l’ancien Premier ministre du Gabon a affirmé ce qui suit: « Vous savez, ce qui est intéressant dans ce débat, c’est le rappel des chiffres, lorsque que je quitte mes fonctions (2023), la dette de l’état gabonais est à 56% du PIB. Or précisément en 2023, cette donnée est factuellement inexacte. Aucun rapport officiel sérieux, ni national ni international, ne confirme ce chiffre. Bien au contraire, les données consolidées montrent que la dette publique gabonaise atteignait environ 70,5 % du PIB à la fin de l’année 2023, un niveau sensiblement plus élevé que celui avancé publiquement.

Ce chiffre de 70,5 % du PIB est clairement établi par le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de la consultation au titre de l’Article IV publiée en mai 2024, qui analyse la situation macroéconomique du Gabon sur la période 2023-2024. Le FMI y souligne que l’endettement public s’est accru sous l’effet des déficits budgétaires et de l’accumulation d’arriérés, dépassant le seuil communautaire de la CEMAC fixé à 70 % du PIB . Dès lors, l’écart entre 56 % et 70,5 % n’est pas marginal : il modifie profondément l’appréciation de la trajectoire budgétaire et invalide une large part du raisonnement économique tenu durant l’entretien.

Comme l’a rappelé Dominique de Villepin, « on ne peut pas, dans le confort d’un plateau de télévision, avancer des thèses aussi fausses ». D’autant plus lorsqu’on a exercé pendant huit mois les fonctions de Premier ministre, avec un accès direct à l’ensemble des données budgétaires et financières de l’État. La politique ne saurait dispenser de la rigueur ni de la vérité, même lorsque les faits contredisent un discours. Il ne s’agit pas ici d’entrer dans une controverse personnelle, mais de rétablir des faits économiques vérifiés, afin que l’analyse, notamment celle des jeunes Gabonaises et Gabonais, ne soit pas biaisée par des chiffres erronés avancés par une personnalité publique.

Jo Dioumy Moubassango, ancien Député de la Transition

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