Le Gabon est aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux producteurs mondiaux de manganèse, un minerai indispensable à la fabrication d’acier et de composants pour l’industrie des batteries. Grâce à la qualité exceptionnelle de ses gisements — riches en manganèse à haute teneur — le pays s’est imposé comme le deuxième producteur africain après l’Afrique du Sud et l’un des leaders à l’échelle mondiale. Les réserves gabonaises sont estimées à environ 61 à 250 millions de tonnes, ce qui en fait une ressource stratégique pour l’économie nationale.
Ce minerai représente une part significative des recettes d’exportation du Gabon, souvent placé aux côtés du bois et du pétrole comme source essentielle de devises. Le secteur minier, dominé par le manganèse, contribue à environ 6 % du PIB gabonais et emploie plusieurs milliers de personnes directement et indirectement. Au premier trimestre de 2025, la production nationale a progressé sensiblement, traduisant une reprise de l’activité industrielle et une demande mondiale encore soutenue.
Les opérateurs principaux et la dynamique du secteur
Trois grands opérateurs dominent actuellement l’exploitation du manganèse au Gabon. La Compagnie Minière de l’Ogooué (COMILOG), filiale majoritaire du groupe français Eramet, reste de loin le plus grand producteur et le principal acteur de l’économie minière gabonaise. COMILOG contrôle une majeure partie de la production et possède des installations intégrées à Moanda pour l’extraction et une capacité limitée de transformation locale.
Aux côtés de COMILOG, d’autres exploitants comme Nouvelle Gabon Mining (NGM), filiale du groupe indien Coalsale, et la Compagnie Industrielle des Mines de Hangzhou (CICMHZ) — une société chinoise — participent également à la production, bien que dans des volumes plus modestes. La diversification des acteurs permet d’élargir le potentiel d’exploitation, mais COMILOG reste l’opérateur dominant, avec une part écrasante de la production nationale.
La production annuelle de manganèse oscille autour de plusieurs millions de tonnes, avec des perspectives d’augmentation à mesure que les capacités des sites miniers s’améliorent et que de nouveaux investissements sont réalisés.
Défis structurels et perspectives d’avenir
Malgré son importance économique, le secteur du manganèse au Gabon fait face à plusieurs défis. L’un des plus significatifs reste la faible transformation locale : la majorité du minerai est exportée sous forme brute, ce qui limite la capture de valeur ajoutée sur place. Les autorités gabonaises ont décidé d’interdire l’exportation du manganèse brut à partir de 2029 pour encourager le développement d’une industrie de transformation locale, créatrice d’emplois et de revenus plus durables.
Outre la transformation, d’autres obstacles subsistent : infrastructures de transport insuffisantes, contraintes logistiques au port d’Owendo, et déficit énergétique qui pèse sur la compétitivité des installations industrielles locales. Le besoin d’électricité fiable et de capacités de transport robustes devient crucial pour attirer des investissements et permettre à Gabon de se positionner plus haut dans la chaîne de valeur mondiale.
Cependant, le potentiel reste immense. Avec une demande mondiale croissante de manganèse, notamment pour les industries sidérurgique et des batteries électriques, le Gabon est bien placé pour augmenter ses volumes de production et attirer davantage d’investissements étrangers. De plus, la montée en compétences de la main-d’œuvre locale et la mise en place d’unités de transformation pourraient transformer le secteur en un moteur de croissance plus durable et diversifié.

